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vendredi 2 décembre 2016

Interlude en éclats de lumière

Les couleurs de l'automne nous étourdissent - cherchent-elles à nous préserver de l'incessante bascule de températures tantôt douces, tantôt cinglantes ? Elles s'estompent cependant, discrètement… alors profitons des derniers rayons et de cet étrange "printemps indien" ! Car le jour peine à se lever, reste tapis sous un manteau brumeux, et nous aimerions flâner plus longtemps sous la couette. Ça tombe bien, l'hiver arrive bientôt et nous pourrons hiberner plus sereinement.

Pas de recette à proprement parler, juste quelques légumes de saison, rôtis à foison, carottes, échalotes, ail en chemise, pommes de terre, butternut, les dernières tomates cerise, l'arrivée des topinambours - passion - ou encore cette délicieuse patate douce rôtie accompagnée d'un riz basmati au curcuma, graines & lait de coco, et d'un condiment maison (piment, gousse d'ail, citron vert, gingembre, citronnelle, poivre de sishuan, graines de fenouil, graines de cumin, oignon blanc, coriandre fraîche, baies roses) inspiré de cette soupe de courges.





1976, et mes premiers mois dans ce jardin auquel je suis tant attachée… L'année où Brian Eno rejoint le groupe de Krautrock Harmonia (Hans-Joachim Roedelius et Dieter Moebius) et enregistre ce morceau - qui ne sortira qu'en 1997 sur l'album Tracks And Traces.


"Sometimes In Autumn"
Harmonia & Eno 76, Tracks And Traces (1976) __




lundi 14 mars 2016

(Les) orange(s) de Noël

En cette saison, à moins d'être en altitude au milieu de forêts de conifères, les arbres perdent leurs couleurs et leurs feuilles, laissant apparaître un temps souvent terne et maussade. La campagne en hiver a ce quelque chose de désolant qui la rend austère et nous pousse dans nos retranchements, au point de ne trouver de réconfort qu'auprès de la chaleur d'un feu de cheminée ou de bons petits plats. Les lumières hivernales ont pourtant cette magie que j'aime tant, et les nuits sont longues et douillettes.





L'orange de Noël, autrefois fruit de luxe de par sa rareté, était traditionnellement déposée la veille de Noël dans un soulier comme unique cadeau aux enfants. Largement répandue aujourd'hui, il serait dommage de s'en priver. Voici une version légèrement modifiée du fondant renversant à l'orange publié il y a quelques années. Gorgé de jus d'orange, son moelleux devient suave et se mariera parfaitement, pour davantage de gourmandise, avec un fondant au chocolat dont la recette se trouve ici pour les plus patients,  pour les plus empressés.



Pour 
le moelleux à l'orange
175g de farine / 175g de sucre / 175g de beurre / 3œufs / 125g de sucre glace / 4 oranges / 1 demi sachet de levure 
Travailler le beurre ramolli et le sucre en poudre au fouet électrique. Casser les œufs un à un, mélanger et ajouter la farine et la levure, puis le zeste de deux oranges et un jus. Beurrer et fariner un moule, mettre au four moyen (T4) pendant quarante minutes. Faire fondre le sucre glace dans trois jus d'oranges à feux doux, en imbiber le gâteau.







Encore quelques jours pour profiter de l'hiver… Verrais-je la neige d'ici là ?



"Si notre vie manque de soufre, c'est-à-dire d'une constante magie, 
c'est qu'il nous plaît de regarder nos actes et de nous perdre en considérations sur leurs formes rêvées, 
au lieu d'être poussés par eux"
Antonin Artaud (Le Théâtre et la culture)1935 __


vendredi 4 mars 2016

Légumes anciens pour un hiver oublié

L'hiver est ma saison préférée et restera une fois de plus inachevé, et ce depuis déjà deux années. Difficile d'aborder le printemps sereinement… Certains ont besoin de chaleur et des rayons du soleil pour récupérer un peu d'énergie, pour ma part j'ai besoin d'air vif et glacial, du froid sec d'altitude, du silence et du vide face à de grandes étendues enneigées, de la douceur des flocons…




Alors je me console en profitant à l'occasion des feux de cheminée, tout en concoctant de bons petits plats d'hiver. C'est notamment la saison des légumes anciens, qui ont fait leur apparition avant Noël sur les étals des marchés et épiceries, riches en variétés. Ocas du Pérou (ou oxalis tubéreux), capucines tubéreuses et topinambours sont délicieux rôtis au four, un accompagnement au petit goût doux et sucré de châtaigne pour les uns ou d'artichaut pour les autres, on ne peut plus simple à réaliser, et qui fera toujours son petit effet.


Pour les légumes anciens rôtis
Ocas du Pérou / capucines tubéreuses / topinambours / thym / 1 demi citron / miel / huile d'olive / fleur de sel / poivre de sishuan 
Brosser les légumes, les rincer (s'ils sont bio ou du potager, inutile de les éplucher). Les couper en tranches fines, les étaler sur une plaque de cuisson, arroser d'un filet d'huile d'olive et du jus de citron, d'une cuillerée de miel, et parsemer de thym, sel et poivre. Faire rôtir au four pré-chauffé (180°C) pendant une bonne vingtaine de minutes.













"(…)
Afraid to breathe, afraid to rise
We run and run in this transitory life
Tipped off balance we fall like light
We land on water in this transitory life
We fall like light on water and water turns to ice
Everything keeps changing in this transitory life
(…)"
Laurie AndersonTransitory Life (Homeland)2010 __


mardi 23 février 2016

Winter Tiramisu aux épices

Je peine à écrire, à trouver les moments opportuns et l'envie de venir ici… Un sentiment qui n'est pas nouveau, accru par la morosité qui s'est sournoisement installée ces derniers mois. Mais cet espace existe avant tout pour les autres, et il n'y a rien de plus touchant que de recevoir ce genre de commentaire d'un(e) lecteur(trice) inconnu(e) suite à mon avant-dernier billet : "je comprends, mais grâce à toi, on s'émerveille à nouveau, on sourit, on retrouve l'envie". Alors je persévère. D'autant que de mon côté, je me nourris quotidiennement des mots des autres - je prends parfois un plaisir outrancier à les découvrir lors de ces rendez-vous ponctuels éparpillés sur la toile. 




Rien de tel qu'un dessert doux et gourmand pour réconforter les âmes esseulées en ces longues soirées d'hiver. Ce merveilleux tiramisu dégouline à souhait de saveur et de tendresse, mariant délicieusement la poire et le marron. Sur une lumineuse idée de ma sœur qui a trouvé la recette ici.


Pour le Tiramisu épicé
2 poires / 2 œufs / 40g de sucre blanc / 250g de crème de marron / 250g de mascarpone / 25g de beurre / 1 pain d'épices / un bol de café / cacao en poudre
Couper quatre tranches de poires et le reste en petits cubes. Les faire dorer séparément dans le beurre et la moitié du sucre. Réserver au frais. Séparer les blancs des jaunes des œufs, fouetter les jaunes avec le reste de sucre jusqu’à ce qu’ils soient très gonflés. Ajouter le mascarpone et la crème de marron, sans cesser de fouetter. Ajouter les cubes de poire, à la spatule. Battre les blancs en neige et les incorporer à la préparation aux poires. Couper le pain d’épice en tranches d'un demi centimètre d'épaisseur et les passer dans du café chaud, rapidement, sur les deux faces. Les étaler dans une ou deux assiettes. Garnir les poires de crème, en alternant avec des tranches de pain d’épice. Réservez huit heures au frais. Sortir le tiramisu du réfrigérateur et y déposer les lamelles de poires, saupoudrer de cacao et servir aussitôt.



lundi 2 novembre 2015

Autumn leaves

J'aime l'automne pour ses couleurs, et ces quelques jours à la campagne ont été riches en teintes, oscillants entre douceur ensoleillée en journée - et un beau camaïeu de jaunes orangés -, et brume persistante aux aurores - une multitude de gouttelettes de rosée accrochées aux toiles d'araignées a recouvert la nature d'un immense tapis perlé aux nuances de bleus froids métallisés.





Je suis arrivée la faim au ventre et ma sœur avait préparé une tarte aux courgettes délicieuse. Quelle ne fût pas ma surprise quand elle m'a expliqué sa préparation, on ne peut plus simple. Il n'y a pas à dire, ce qui compte avant tout, ce sont les produits, et les courgettes du potager sont terriblement douces et sucrées. 


Pour la tarte aux courgettes
1 pâte feuilletée / 2 courgettes / huile d'olive / fleur de sel, poivre / basilic / thym frais / quelques fleurs de lavande
Pré-chauffer le four, faire cuire la pâte à blanc sur une grille une dizaine de minutes. Couper les courgettes en très fines rondelles, les disposer sur la pâte, arroser d'un filet d'une bonne huile d'olive, d'un tour de moulin de poivre et d'une pincée de fleur de sel, et remettre au four 20 min. Une fois sortie, disposer les herbes du jardin, puis glisser sur un plat à tarte. Déguster avec un fromage frais.




La poirée à carde du jardin, cousine de la b(l)ette et de la betterave, multicolore (feuilles vertes, blanches, jaunes, oranges, rouges ou violacées) - aux couleurs tout aussi éclatantes que les pigments des feuilles des arbres en cette saison -, est délicieuse en gratin.


Pour le gratin de poirées
1 botte de poirées / lardons / oignons / 1 pot de ricotta / sel, poivre, muscade en poudre / huile d'olive / parmesan en poudre ou entier / persil plat frais
Nettoyer les poirées, séparer les cardes (tiges) des feuilles ; faire chauffer les feuilles comme les épinards (quelques minutes dans une casserole), et faire blanchir les tiges 10 minutes pour enlever l'amertume. Faire revenir les oignons à part. Beurrer et ailler un grand plat à gratin. Y déposer une première couche de poirées, en alternant tiges, feuilles, ricotta et lardons. Saler, poivrer, saupoudrer de muscade. Répéter l'opération 2/3 fois, verser un peu d'huile d'olive, recouvrir de parmesan en copeaux ou râpé selon l'effet désiré. Passer au four 30 min. Parsemer de persil. Si l'on veut servir ce gratin en accompagnement d'une viande, il n'est pas nécessaire de mettre des lardons. Pour un plat seul, ces derniers seront les bienvenus.



mardi 4 août 2015

Le moelleux aux abricots & aux pêches

Les insomnies de ma mère ont du bon : à mon réveil un matin de juillet, elle s'était déjà affairée en cuisine et un beau gâteau, entre autres, nous attendait. Un moelleux aux abricots & aux pêches - parfait pour le petit-déjeuner mais aussi le goûter, inspiré d'une recette du blog Cuisine et Gourmandises






Pour le moelleux aux abricots & aux pêches 
160 g de farine / 200 g de sucre / 50 g de beurre fondu / 15 cl de lait / 2 œufs / 4 abricots / 2 pêches jaunes / 3 pêches blanches / 1 paquet de levure chimique

Mélanger les jaunes d'œufs avec le sucre puis ajouter la farine, la levure, le beurre et le lait. Incorporer délicatement les blancs montés en neige. Coupez les fruits en morceaux, les ajouter à la préparation. La verser dans un moule à manqué et cuire au four préchauffé à 150°C pendant 10 minutes. Augmenter alors à 180°C pendant encore 10 à 15 minutes.



lundi 2 mars 2015

Mélange harmonieux de légumes d'hiver (et un peu de canard)


L'hiver aura été pour moi plus brumeux que neigeux, à mon grand regret, et pourtant j'aime les paysages vaporeux plus que tout, que l'on devine peu à peu, quand le regard se glisse dans un monde onirique propre à chacun. Mais rien n'égale cette douceur feutrée dès lors que la nature se pare de blanc… Je garde espoir, il reste encore quelques semaines avant que le printemps ne s'installe vraiment.





J'ai accompagné ma poêlée de pâtisson (courge blanche) avec un mélange minestrone bio de haricots rouges et noirs, d'épeautre, de haricots blancs, de lentilles vertes, blondes et rouges, de pois cassés, et d'azukis, et des gésiers de canard confits à la graisse de canard.



Pour la poêlée de légumes d'hiver
pâtisson / 200 g de mélange minestrone / 1 boîte de gésiers de canard confits / 1 gousse d'ail / 2 échalotes / huile d'olive / 1 cuillère à soupe de miel / poivre / épices zaatar / fleur de sel / chutney de courgette aux épices

Faire tremper les légumes secs la veille. À défaut, vous pouvez les mettre dans une grande quantité d’eau et porter à ébullition, éteindre le feu, couvrir et laisser gonfler 1 heure (cette technique remplace le trempage nocturne). Les faire ensuite cuire une bonne heure, égoutter et réserver. Réchauffer les gésiers égouttés dans une poêle une dizaine de minutes, réserver. Éplucher, laver et épépiner le pâtisson, le couper en petits dès. Faire revenir dans un faitout les oignons et l'ail dans de l'huile d'olive, ajouter les dés de pâtisson et les épices (dont le miel) pendant une vingtaine de minutes. Y ajouter les légumes secs, les gésiers et laisser mijoter dix minutes. Servir avec un chutney de courgette épicé.



lundi 18 août 2014

Les courgettes aux noisettes fraîches

Au début de l'été j'ai découvert la cuisine de Daniel Baratier (chef du tout nouveau restaurant Les Déserteurs rue Trousseau, Paris XIe) qui m'a - très fortement - inspiré cette recette. Le déclic : les noisettes fraîches ramassées dans le jardin, dégustées quelques jours auparavant aux Déserteurs avec des courgettes trompette d'Alpaga. Chez moi les courgettes du potager étaient classiques, mais j'avais sous la main quasiment tous les autres ingrédients pour réaliser cette entrée estivale, hormis la sauce au praliné qui, en réalité, joue beaucoup dans la réussite de ce plat. 


À défaut de praliné donc, j'ai improvisé une sauce avec divers condiments du placard, suffisamment satisfaisante pour que je partage ici la recette. L'idée est de faire une sauce épaisse, épicée et relevée, légèrement sucrée. C'est frais et de saison, simple et original.


Pour les Courgettes aux noisettes fraîches
1 courgette / 1 dizaine de noisettes fraîches / basilic pourpre / basilic citron / moutarde aux algues et moutarde aux onze épices Savora / huile d'olive / sauce soja Strong Tamari / gelée de groseille au vinaigre de Xérès / fleur de sel / poivre cinq baies / sauce maison faite à partir de cidre et de calvados (ou vinaigre de cidre)
Faire revenir à feu vif les courgettes lavées et coupées en petit dés dans une poêle avec un peu d'huile d'olive. Les laisser croquantes et bien saisies. Réserver. Rincer les feuilles de basilic, casser les noisettes et leur enlever la première peau, puis les diviser en deux. Dans un bol, préparer une vinaigrette avec les condiments choisis. Disposer les courgettes dans les assiettes, y déposer la sauce, le basilic et les amandes, et parsemer de fleur de sel. Déguster tiède.


lundi 14 juillet 2014

La tarte rustique aux carottes et au chèvre, et le printemps

À l'époque où les beaux jours printaniers étaient de mise, que l'on pouvait trainer les pieds nus dans l'herbe et déjeuner dans le jardin au soleil sans être brûlé ou mouillé (eh oui, c'était il y a à peine deux mois), ma mère nous a préparé une tarte rustique aux carottes et au chèvre que je vous recommande vivement. Découverte chez Nathalie des Cuisines de Garance, elle revient régulièrement au menu chez nous. Je vous joins ci-dessous la recette telle quelle, à accompagner d'une salade verte.






Pour la Tarte rustique Carottes & Chèvre
120 g de farine de seigle bio / 130 g de farine de petit épeautre / 6 c. rases de beurre mou / 2 c.s. d'huile d'olives / 5 c. s. d'eau glacée / sel gris bio / 2 œufs / 1 petite faisselle ou un chèvre mi frais / 1 poignée de ciboulette ou persil plat / 6 carottes 
Mélanger les farines, le sel, le beurre, l'huile puis l'eau, pétrir jusqu'à obtention d'une boule souple, la fariner et la mettre au congélateur dans un sac plastique. Préchauffer le four à 190°. Frotter les carottes avec une brosse puis les couper en lamelles. Ajouter un peu d'huile et de sel, réserver. Dans un saladier, mélanger la faisselle, les œufs préalablement battus en omelette, une cuillère à soupe d'huile d'olive, une pincée de sel et de poivre, et les herbes fraîches coupées finement. Retirez votre pâte du congélateur et l'étaler sur un plan de travail fariné. Déposer la farce au fromage puis les lamelles crues de carottes au centre, replier les bords de la pâte en arrondi. Enfourner à 190° durant 35 à 40 minutes environ.




mardi 31 décembre 2013

Clair(s)-obscur(s) de Décembre. Et les financiers.

J'aime l'hiver pour sa lumière froide et limpide, nette. Mais aussi parce que ce sont les jours les plus courts. J'aime quand la nuit tombe vite, que l'on se réfugie au chaud au coin d'un feu ou à la lumière des bougies. On s'approprie le temps différemment du reste de l'année, ces quelques heures où l'on traînerait dehors aux beaux jours à l'apéritif pour profiter des derniers rayons. Ces temps-ci l'humeur est davantage tournée pour ma part vers le nid douillet, à feuilleter un journal, se plonger dans un livre, écouter de la musique… et, pourquoi pas, au tea-time, un thé épicé bien brûlant accompagné de douceurs sucrées.



J'avais déjà fait des financiers au thé macha, joliment colorés de vert, mais je préfère finalement la recette classique. Nous les avons une nouvelle fois accompagnés d'une crème anglaise (la recette se trouve après celle des financiers au thé vert).

Pour 20 financiers 
50 g de poudre d'amande / 50 g de farine / 150 g de sucre / 75 g de beurre / 4 blancs d'œufs / vanille en poudre / sel
Faites chauffer le four à température moyenne (200°C). Beurrez copieusement 20 petits moules à financiers. Mélangez dans un saladier la poudre d'amandes, le sucre, la farine, la vanille, et le sel. Ajoutez les blancs d'œuf non battus, mélangez, puis ajoutez le beurre fondu. Versez dans les moules et mettre au four 15 à 20 minutes. Démoulez dès la sortie.





Mon père a, cette année encore, fait un tas de pains différents, dont celui au petit épeautre dont vous trouverez la recette ici. Et ma mère, le foie gras, qui a été un succès.