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mercredi 22 juillet 2015

La Grenouillère et la désertion de son prince


Un jeudi 9 juillet sous le signe de la légèreté, embarquée dans une folle escapade faite de surprise(s), direction La Grenouillère, lieu gourmand et lumineux découvert l'an dernier, pour un diner particulier orchestré non par Alexandre Gauthier, mais par le chef catalan Albert Adrià. Passé par elBulli puis Bullitaller, il ouvre sa propre enseigne, Pakta, restaurant fusion mariant les cuisines péruvienne et japonaise, qui obtient rapidement une étoile. Le voilà aujourd'hui en territoire inconnu, dans le nord de la France à Madelaine-sous-Montreuil, dans le cadre d'un évènement plutôt atypique organisé par Gélinaz sur une idée d'Andréa Pétrini. Cette année, il s'agit d'un shuffle, 37 chefs étoilés sont propulsés le même soir de manière aléatoire de par le monde, dans les cuisines des autres grands restaurants participant à l'aventure : une expérience unique (et jusqu'au-boutiste, car ils échangent également leur maison, et, de fait… leur famille !), un challenge d'autant plus audacieux qu'il s'agit non seulement d'apporter son savoir-faire dans un nouvel environnement, mais aussi d'investir et de s'approprier les lieux, de se familiariser avec l'équipe en place, et de cuisiner les produits locaux.






Nous voici après quelques heures de route dans le beau jardin de La Grenouillère, à l'ombre des arbres, sirotant une coupe de champagne extra-brut Blanc de noir cuvée 'Fidèle' du domaine Vouette & Sorbée. On se laisse couler dans la tiédeur de l'instant, avant de rejoindre notre grande tablée au cœur des cuisines, à la table d’hôtes, emplacement idéal pour observer l'équipe qui s'active avec ferveur. Doucement, les mets font leur apparition, et le rythme va crescendo : Salade de fèves & pois du verger, Toast de pieds bleus, amandes fraîches & consommé au café (probablement le plat qui m'a le plus transportée), Fruits de mer de la Côte d'Opale (huîtres, coques et couteaux), Sashimi de homard & sauce d'umeboshi, Ceviche de bar sauvage & amandes fraîches, Cuisses de grenouilles "La Grenouillère" (les deuxièmes de ma vie, excellentes), Maquereau fumé & marinade de champignons, Ris de veau rôti & sauce "Anticuchera", citronnelle et chutney d'abricot, Entrecôte à la plancha, sauce haricots noirs & cornichons marinés, Pastèque imprégnée de sangria, "Fraise mutante" & verveine, Abricot, miel et pollen frais… Sur le menu sont griffonnés à la main ces mots qui reflètent parfaitement le beau moment que nous venons de vivre : "Poétique, sauvage et un peu brutal. Brutal. Émoi." On est sous le charme, Albert Adrià a su exprimer à merveille une cuisine différente. La nuit est tombée, et nous prolongeons ces heures magiques au petit salon parmi les jolies fresques colorées mettant en scène des grenouilles, réalisées par un dessinateur humoriste anglais, Frank Reynolds, dans les années vingt, avant de rejoindre nos chambres - que j'aurais du mal à décrire tant elles sont parfaites. Le matin arrive (trop) vite, le temps de prendre un bain, puis filer en bord de mer se promener sur la plage Stella, les pieds dans l'eau, entourés de coquillages et de mouettes, le sable à perte de vue, quelques estivants,  à peine… le charme de la Côte d'Opale ne m'est pas inconnu, et il est très difficile de résister à la tentation de rester quelques jours encore dans la région… Mais je reviendrai, bien assez tôt - je le sais.




La grenouillère
, rue de la Grenouillère, 62170 La Madelaine-sous-Montreuil
(le restaurant est ouvert pendant l'été tous les jours midi et soir, à l'exception du mardi midi)
PaktaC/ LLEIDA, 5, 08004 Barcelona, Espagne




mardi 2 juin 2015

Le plaisir des yeux et le bonheur en bouche

Il y a peu j'ai vécu un lundi ensoleillé par un quatre-mains éphémère wallon 'Cuisine & Céramique' au Cookcooning de Stéphanie Biteau, qui accueillit le temps de quelques repas le chef belge Sang-Hoon Degeimbre (du restaurant L’Air du Temps) et la potière Ben (des Ateliers Bibenbou), créatrice d'une vaisselle oh combien raffinée et unique destinée essentiellement à San et à deux autres chefs, David Toutain et Alexandre Couillon.



Dans son loft niché dans une cour du IXe arrondissement à Paris, Stéphanie imagine depuis quelques années des dîners atypiques faits de rencontres de chefs d'ici ou d'ailleurs, une opportunité pour nous autres parisiens qui n'avons pas la chance de pouvoir goûter facilement leur cuisine. Elle y donne également des cours et des démonstrations culinaires : Cookcooning est un lieu vivant et gourmand dont je vous conseille vivement de suivre l'actualité.


Ce « déjeuner en quatre bols » m'a laissé un souvenir féérique, tant par l'atmosphère joyeuse et préservée qui régnait ce jour-là dans la cour, que par la beauté des céramiques exposées et par la (re)-découverte de la cuisine de Sang-Hoon Degeimbre. Amoureux du jardin, il se plait à utiliser fleurs et herbes dans chaque plat pour le transformer en véritable création culinaire selon son inspiration du moment : ainsi s'enchaînent un Tartare de bœuf, pain, cacao & cannelle brûlée, un bol Navet cru-cuit, terreau d'olives & jus de prune fermentée, un bol de Légumes, huile de livèche, souci, pensée, oyster leave & colza, un Canard, courgettes acidulées, consommé de shitaki & quinoa soufflé, fenouil bronze & amarante rouge de Chine, et enfin un Crumble de muscovado, fraises, sorbet samba (mélange de thés), glycine, copeaux de rhubarbe, cerfeuil musqué, aspérule, angélique & mousse de yaourt-rhubarbe. Juste ce qu'il faut pour rêver un jour de savourer sa cuisine dans son cadre d'origine à Liernu, une ferme au milieu des champs qui abrite son restaurant L'Air du Temps.


Cookcoon, 9 rue Fromentin, Paris IXe
L’Air du Temps, rue de la Croix Monet 2, 5310 Liernu (Belgique)
Les ateliers Bibenbou, 13 rue de la cure, 1350 Jauche (Belgique)



mercredi 28 mai 2014

La magie du festin : Culinaria

La sixième édition de Culinaria (le rendez-vous annuel de la gastronomie belge) vient de s'achever, sur le thème du "Festin originel". J'ai assisté à la soirée d'inauguration, à Bruxelles, et en ai pris plein les mirettes. Cochons de lait, rôtis à la broche, ragoûts, … évoquent La Grande Bouffe de Marco Ferreri ou Le Festin de Babette de Gabriel Axel, tendance belge. Pari réussi entre autres grâce à la remarquable scénographie orchestrée par Bénédicte Bantuelle de l'agence de mise en scène culinaire La Bouche. Le lieu (Tour & Taxis) qui abrite l'évènement est un ancien site industriel bruxellois. On s'imagine immédiatement plongé dans l'univers des caves et des cuisines d'un immense château éclairées par de grands chandeliers, errant dans une ambiance sombre et chaleureuse entre les stands où gourmandise, opulence et savoir-faire se mêlent pour le plaisir des yeux et du palais du plus fin gourmet. Un peu partout c'est le feu en cuisine dans une bonne humeur communicative. Se dresse un véritable banquet géant éparpillé aux quatre coins de la vaste usine, animé, où l’abondance est de mise entre les plats fumants de tous ces chefs belges réunis pour cette unique occasion.


Je ne citerai que les chefs dont j'ai testé les plats (un petit tour sur Culinaria vous donnera une image plus complète de l'évènement). Au menu donc ce mercredi : les mises-en-bouche de Damien Bouchéry (Bouchéry) avec ses délicieux ris à la fleur de sureau et de Dario Puglia (Gigi il Bullo) suivies d'un Agneau anglais rôti aux épices, lacto légumes, jus généreux de Sang Hoon Degeimbre (L'air du temps**) avec un verre de rouge Petit Lousteau, 2011 (Médoc). Puis Le fera du lac, céleri et pommes fermentées, émulsion de lait battu de la ferme Paquay de Mario Elias (Le Cor de Chasse*) avec un blanc, Rueda, Bodegas Val de Vid (Castilla y Leon, Espagne). Enfin le bouillon de foin et ses asperges avec foie de canard et sot l'y laisse de Dimitry Lysens (Magis*) accompagné d'un verre blanc du Domaine de Miselle, 2013 (Côtes de Gasgogne IGP).



Culinaria sétend aussi au-delà des territoires belges avec des ateliers gastronomiques - encore appelés "Foreign Festin" - de chefs d'horizons divers. J'ai eu la chance de participer à celui du chef Quique Dacosta (du restaurant espagnol triplement étoilé Quique Dacosta***) autour d'un de ses plats signature, la "Bruma", un formidable voyage éphémère dans les sous-bois. Fraîcheur et humidité m'imprègnent le temps de quelques bouchées.
Pour finir, j'ai goûté tous les fromages de Suisse du buffet (Pascal Fauville / Nathalie Van Haver / Luc Callebaut / Philippe Moreau / Maud Mirot), un dessert que j'ai oublié car il ne m'a pas interpellée, de Jean-Philippe Darcis, et une curieuse liqueur espagnole, Cuarenta y très (Licor 43). J'ai ensuite fait un saut chez Hendrik Dierendonck, "enfant terrible des bouchers belges, amateur de terroir et partisan de la transparence", ébahie par le décor de ses chambres froides éclairées aux néons, dignes d'un tableau surréaliste.



Je garde un beau souvenir de ces quelques heures passées à découvrir le talent de ces chefs, et m'impatiente d'aller leur rendre visite dans leurs restaurants respectifs. Je conclurai avec un extrait du "non-manifeste" de Culinaria : Au plus proche du goût de l'époque, Culinaria fait la promotion du nouveau dynamisme de la cuisine belge en créant, avec ses chefs, le premier foyer d'agitation culinaire, terres wallonnes et terroir flamand confondus, réunissant en un seul lieu les grandes figures et les jeunes talents, porte-drapeaux d'une nouvelle identité culinaire belge, qui entend se définir autrement que par ce qu'elle n'est pas. Je remercie enfin Betty Marais et Laurent Vanparys de OneBite Consulting (agence de conseils passionnée de cuisine, au service d'une sélection pointue de chefs) qui m'ont permis d'entrevoir un petit bout de la gastronomie belge.



vendredi 19 octobre 2012

Or noir et diamant blanc

Je vais me faire rare les semaines à venir, étant pas mal en transit, et débordée par ailleurs… je vous invite donc à suivre les quelques dernières actus sur la page [fb] melopapilles.

Beaucoup de posts ces derniers temps de voyages et d'évènements, mais c'est un peu mon quotidien, et cuisiner se fait rare… Comme je n'ai rien d'autre à vous proposer pour le moment et qu'il faut bien faire vivre un peu le blog, je voulais partager avec vous les photos de ce très joli coffret au design et au graphisme remarquables, que j'ai découvert lors d'une dégustation à l'Hôtel Édouard VII. Il contient du Caviar des Pyrénées et de la Vodka Strix. Très chic, métallique, cette boîte en laiton, bois laqué, cuir et inox ajouré, a été réalisée par la créatrice Marine Breynaert. Une pure œuvre d'art. La Vodka Strix est française, biologique, et le graphisme de la bouteille est réalisé par Roxane Lagache (qui a créé l'identité de l'Épicerie Générale, laquelle est à l'origine de ce duo de choc). Le Caviar des Pyrénées est lui issu de production écologique au cœur de la montagne française, aussi surprenant que cela puisse paraître. Trois affinages étaient proposés lors de cette dégustation précédée d'un shot de vodka : celui de la pêche d'automne 2011, celui de la pêche de printemps 2012 et celui de la pêche d'été 2012, aux goûts incroyablement différents. Celui d'automne, assurément mon préféré, se rapproche du caviar russe, et est terriblement iodé, un régal. Unique et d'exception, le coffret est, bien sûr, réalisé en édition limitée et sur commande.


L'Épicerie Générale, 43 rue de Verneuil, Paris 


mardi 25 septembre 2012

Sweet Attitude

Je ne suis pas à proprement parler un bec sucré. Mais je suis gourmande et ne suis jamais contre croquer dans une bonne pâtisserie. Surtout lorsqu'il s'agit d'une dégustation à l'atelier de Cyril Lignac, Cuisine Attitude, afin de découvrir ses nouvelles créations. Situé dans un petit coin privilégié de Paris que j'affectionne particulièrement de par son charme et son calme, à deux pas du Carreau du Temple, cet atelier nous ouvre ses portes sur une entrée accueillante et graphique (une superbe réalisation de pastels de l'artiste Philippe Baudelocque habille le mur couleur ardoise). Je suis immédiatement séduite par le lieu qui se révèle lumineux sous sa grande verrière, raffiné, avec un design élégant et moderne. Nous sommes reçus par le Chef en personne, jovial et enthousiaste, impatient de nous faire goûter ses nouvelles pâtisseries.
 
Je vais tout d'abord vous parler de mon coup de cœur de cet après-midi gourmand. La Forêt Noire (chocolat et griotte) m'a réellement convaincue. Au poudré impeccable, son moelleux laisse rapidement place à un intérieur croquant en strates de chocolat. Une consistance impeccable. Un régal ! Et puis, c'est si beau à regarder…



Le propos de cette dégustation était, à l'origine, de nous faire découvrir la bûche de Noël de la maison Lignac pour cette année, Le Cubissime. Autant le dire tout de suite, les bûches et moi, ça fait deux (je vous l'avais déjà dit…). Mais la curiosité et la gourmandise l'emportent toujours, et je n'ai pas pu résister à cette bûche enneigée, dont j'ai apprécié le cœur coquant amandes, poires et praliné, enrobé de mousse de marrons et crème légère à la vanille Bourbon, contour trop présent à mon goût. On regrettera juste de ne pas la voir en magasin vendue en parts individuelles, spécialement préparées pour l'occasion. Pour y goûter, il vous faudra donc être nombreux ! (bûche pour 8 personnes). Cependant, chaque part aura donc moins de mousse, ce qui me convient mieux, finalement.

À disposition également, des confitures (Abricot Vanille-Amande / Fraise Basilic, Framboise Anis vert / Cerise Cannelle Cassis) à déguster sur une tranche de cake à la farine de châtaignes, des macarons (celui aux deux citrons est à tomber !), l'éclair à la figue de Solliès, l'excellence même de la figue violette aux dires de Cyril Lignac (et on le croit, assurément, et puis, on le sait aussi, vaguement), le Gâteau des Rois aux fruits confits et à la fleur d'oranger, préparé selon la tradition provençale… Autant dire que je n'ai pas goûté à tout ! On sent chez notre hôte un homme passionné et généreux. Originaire de l'Aveyron, baignant d'ordinaire dans la cuisine de bistrot, il se lance dans la pâtisserie au côté de son chef pâtissier Benoît Couvrand, lequel parviendra à proposer une gamme sucrée à la hauteur de ses espérances. Une "attitude sucrée" qu'il s'amusera à utiliser par la suite dans la cuisine de ses restaurants (Le Quinzième, Le Chardenoux, …), associant confitures et plats au gré de son inspiration.

J'ai découvert, ce jour, de jolies créations qui me rappellent la haute-couture, avec la présentation de cette "collection automne/hiver 2012". Je n'aime pas trop, d'ordinaire, mettre en avant des marques sur mon blog, (et pourtant j'avais parlé d'un certain Le Nôtre et même d'un Pierre Hermé…), faire de la publicité n'est pas du tout mon truc, surtout version sucrée car je suis souvent déçue par les pâtisseries qui ne sont pas faites maison, mais j'avais envie de vous faire partager ce doux moment. Habitant à deux pas de la pâtisserie by Cyril Lignac rue Paul Bert dans le XIe, je songerai à faire plus souvent un détour par cette rue pourtant si gastronomique que je n'emprunte pas assez, et pousser sa porte afin de prolonger le plaisir que m'a procuré cette Forêt Noire… 


Cuisine Attitude, 10 Cité Dupetit-Thouars,  Paris IIIe



dimanche 8 juillet 2012

Norge, les poissons, le Miam et autres crustacés

Ces temps-ci les produits de la mer de Norvège ont la cote : je participais il y a peu au diner "Best Fishes" organisé par Fulgurances. Cette semaine, c'était au M.i.a.m de mettre la Norvège à l'honneur, avec l'évènement Street Food Norge, au Batofar. Une escale musicale et culinaire comme je les aime. Au programme, quatre Chefs en cuisine et de la bonne musique (mix de Nick V et d'Edouard Rostand) : Hissa Takeuchi (restaurant Kaiseki), Bertrand Grébaut (restaurant Septime), Elise Rønning (jeune chef Norvégienne) et Olivier Auger (restaurant du Batofar).

Hissa Takeuchi nous propose un chirashi de cabillaud et gomoku-meshi (cabillaud de Norvège sur un lit de riz aux cinq céréales dans un bol domburi). Je ne l'ai pas suffisamment assaisonné, trop occupée à prendre mes photos… mais les saveurs sont là, pas de doute.


Le meilleur plat de la soirée selon moi est définitivement celui de Bertrand Grébaut (je ne m'étendrai pas ici sur l'admiration que je voue à son restaurant le Septime, qui fera l'objet d'un post très prochainement). Son crabe royal de Norvège, présenté sur un riz vénéré (noir et parfumé, cuit façon risotto) et dans une infusion de lard… une réussite gustative aussi belle à regarder que bonne à déguster.


En direct de Norvège, la jeune Elise Rønning prouve ses talents avec un ceviche de truite des Fjords, sauce mangue et câpres, et son tartare de truite au concombre. Fraîcheur pour ces deux exquises mises en bouches.


De son côté, Olivier Auger, aux cuisines du Batofar, nous sert une brochette de saumon absolument parfaite, tendre et parfumée, sur des nouilles chinoises et de la mangue, dont je me serais passée tant la brochette se suffisait à elle-même. Il signe également le dessert, minestrone de fruits et sorbet de citron vert bio, avec des feuilles de menthe frites, un régal de fraîcheur pour clôturer le repas.

Une - encore - bien belle soirée en somme, organisée par le magazine urbain "épicurieux" le M.i.a.m, créé par Cyril Musy il y a une petite dizaine d'années, qui va bientôt changer de formule et continuer cette belle aventure, avis aux curieux foodistas.

lundi 18 juin 2012

Le goût de la mer

J'ai participé il y a quelques semaines à un diner organisé par Fulgurances (brillants créateurs d'évènements orchestrés par Sophie Cornibert et Hugo Hivernat. J'avais testé en novembre leur diner "Performance Raclette", dont je garde un souvenir magique tant le lieu et l'ambiance m'avaient charmée) : j'ai nommé "Best Fishes", ou comment revisiter la cuisine iodée de Norvège par trois chefs, Jérôme Bigot (restaurant Les Grès à Lindry), Alexandre Couillon (restaurant La Marine à Noirmoutier) et Hervé Rodriguez (restaurant MaSa à Boulogne Billancourt). Trois regards singuliers pour une cuisine nordique éclatante de fraîcheur et un repas harmonieux.


Tout d'abord, petite présentation du contexte. Ancienne usine aux murs défraîchis, aux poutres en bois et aux objets insolites, abritée par une magnifique verrière, La Cartonnerie est un lieu improbable et fascinant, ambiance décor de cinéma mêlée de théâtre. On y entre par un couloir nous propulsant directement dans ce monde tamisé, on s'acclimate doucement à l'atmosphère paisible qui y règne, un verre de crémant naturel à la main, se faufilant entre les salles et les tables éclairées aux bougies, glanant de-ci de-là une saint-jacques citronnée dans sa chips d'algue ou une tartelette de chou fleur, betterave et saint-jacques fumée. Car le fumoir est à l'honneur ce soir : le fumfum "parfume les pièces de poisson et de viande de notes caramélisées qui rappelle la forêt". Un très bel objet qui plus est, tout en rondins de bois d'érable rouge. J'ai découvert grâce à lui sa créatrice Delphine Huguet, Food Designeuse, dont le travail mérite le détour. En parlant d'artiste, la décoration du lieu a elle aussi été choisie avec soin, avec des natures mortes de circonstance (sur le thème de la mer) photographiées par Maud Remy et Benjamin Schmuck.

Premier plat par Alexandre Couillon : cabillaud de Norvège, petit pois, menthe et acidulé de framboise. Frais, tout en verdure, le bonheur dans l'assiette.
Ci-dessous, deuxième plat, Saint-Jacques dans son bouillon de thé fumé en pot-au-feu (premier du trio de pots-aux-feu servis ce soir), les papilles s'affolent.

Le vin servi est un chablis du domaine Pattes de Loup (Thomas Pico), cuvée "Vent d'Ange 2010", vin biologique minéral et léger, harmonieux, parfait. Le pain de campagne au levain vient de La Badine de Martine au marché d'Aligre. Terrible.

Troisième plat par Jérôme Bigot, la mer de Norvège en pot-au-feu : cabillaud de Norvège en bouillon, beignets d’oignon croustillants et purée de carotte parfumées au laurier.


Quatrième plat toujours par Jérôme, dernière variation de pot-au-feu, crevettes sous lit de poireau dans leur bouillon, et de jolies feuilles de capucine pour la touche de verdure.



Cinquième plat par Hervé Rodriguez et sa brandade destructurée : accras de pomme de terre à la brandade de cabillaud, filet de cabillaud, crumble et poudre de pain de campagne, jus de persil, mayonnaise sans œuf (pour le coup, je n'ai pas aimé la mayo, mais ça n'a jamais été mon truc).


Un vin rouge est apparu sur la table, un Bourgogne Coulanges la vineuse 2011 "Grôle Tête", à mon goût trop jeune. Largement compensé par le délicieux Carrot' affinity, gâteau humide à la carotte et la cannelle et son glaçage citron, Jérôme je veux la recette ! 
J'en oubliais presque le dessert : des fraises "charlotte" rafraîchies au basilic thaï, bonbon et glace céleri, granité absinthe. Je sais maintenant comment utiliser de manière simple ce basilic qui pousse dans ma mare à la campagne. Une note finale de fraîcheur pour clôturer un diner tout en surprises, entourée de mes fidèles compagnons, Lili, Laurent, Anne et Dodo (et oui, la basse-cour s'agrandit).


Vous trouverez plus d'informations sur cet évènement ici, ou . Un grand merci à toute l'équipe de Fulgurances dont l'accueil et l'organisation sont toujours au rendez-vous, et aux trois chefs qui ont su manier avec brio ces produits de Norvège que sont le cabillaud, la crevette et la saint-jacques.


La Cartonnerie, 159 rue Saint Maur et 12 rue Deguerry Paris 11e

mercredi 7 décembre 2011

Dégustation de vins

J'ai participé le mois dernier à une dégustation de vins avec Émilie et Julien, dans un endroit magique que j'aime beaucoup, le Comptoir Général. J'ai découvert ce lieu en flânant le long du Canal Saint-Martin cet été, période où il est ouvert au public le soir sous forme de bar et de restaurant, et proposant le dimanche midi un brunch. Le reste de l'année, il est utilisé pour des colloques et autres évènements divers. Ainsi notre dégustation de vins, qui s'est avérée fort sympathique, a pris place dans l'une des grandes salles du Comptoir, sous verrière, au milieu des vieux fauteuils de cuir, de la végétation luxuriante et des tableaux africains.



Un certain nombre de producteurs étaient présents à cette soirée "surprise" nommée "Vinconnu", dans le cadre du lancement de la cave de CDiscount, La cave se rebiffe (vente de vins en ligne). Nous n'avons bien évidemment pas pu goûter tous les vins proposés, et n'ayant pas pris de notes, je vais  plutôt vous citer les vins que j'ai testés et vous faire part de mes coups de cœur.


Nous avons attaqué par un blanc porté sur le fruit, légèrement sucré pour un moelleux, le Piou-Piou des Vignes Millésime 2010, un Côtes de Gascogne rond et doux au nom évocateur : Le Piou-Piou des vignes est, je cite, "le surnom affectif de la grive, petit oiseau réputé pour chaparder le raisin lors des vendanges tardives". Nous avons ensuite goûté les vins du Domaine François Lurton, aujourd'hui propriétaire et producteur de plusieurs vignobles à Bordeaux mais aussi au Chili, en Espagne, au Portugal ou en Argentine. Un vin portugais tout d'abord, Barco Negro Reserva, millésime 2008, aux délicieuses notes de réglisse et de coing ; mon premier coup de cœur, car il me rappelle un vin que j'affectionne beaucoup, tout aussi tannique, du Domaine de Bisconte (Côtes du Roussillon). Puis un vin chilien, Gran Araucanon, un Cabernet Sauvignon 2004 puissant et complexe, aux arômes de fruits noirs et grillés. Nos pas nous ont ensuite portés vers le buffet, afin de se ravitailler en chorizo, pâtés et fromages divers, puis vers le Domaine Bernard Moueix, regroupant les Châteaux Taillefer (Pomerol) et Tauzinat-L'Hermitage (Saint-Emilion grand cru). Ce dernier - qui m'a énormément plu - s'élabore sur des terroirs truffiers, dont le subtil arôme des champignons s'exprime après quelques années. Juste à côté se trouvait le Château de Rouillac situé en Garonne, avec un Pessac-Léognan rouge de 2009, le Dada de Rouillac, issu d'une culture raisonnée. Un vin gourmand et fruité, droit et généreux, à travers lequel le propriétaire Laurent Cisneros a réussi à transmettre convivialité et plaisir, une belle réussite ! Nous avons ensuite rencontré Bernard Magrez, personnage tout aussi passionnant que le précédent, "Compositeur de Vins Rares". Ainsi, la cuvée Si mon père savait, provenant des sols schistes au pied des Corbières en pleine garrigue, porte un nom clairement évocateur conférant à ce vin son caractère racé. De même, le Château Fombrauge (Saint-Émilion Grand Cru 2004) traduit tout la passion du vigneron et est un vin d'exception. Nous avons terminé par un vin du Languedoc Roussillon, vin de Pays d'Oc, Cuvée mythique du Val d'Orbieux, qui évoque des notes de cacao, de marrons, d'épices et de cerise noire. En somme nous avons passé une très belle soirée dans un superbe cadre, nous ayant permis de (re)découvrir un joli panel de vins.


Le Comptoir Général, 80 quai de Jemmapes, paris Xe


vendredi 10 juin 2011

Quand la cuisine rencontre la mode

Invitée dans la magnifique maison haute-couture de la créatrice Anne-Valérie Hash, (ancienne salle de bal du XIXe) à l'occasion du lancement d'une nouvelle boisson non alcoolisée,  appelée Tumult, j'ai eu la chance de pouvoir découvrir la cuisine du chef Jean-François Piège, simple et inventive. Ancien du Plazza Athénée et du Crillon, il œuvre aujourd'hui aux côtés de Thierry Costes dans leur établissement, la Maison Thoumieux, et a créé spécialement pour l'évènement un "diner haute-couture".





 Au menu, une mise en bouche fraîche et délicate, "féminine" selon J.-F.P. car inspirée de la mode  : sorbet de salade de tomates et burrata crémeuse, accompagné de la version malté de Tumult, suivie d'une entrée originale dénommée "pomme de mer" : une pomme de terre enrobant un jus de langoustine, servie avec du Caviar de France, une feuille de riz et un coulis de cresson, ainsi qu'un verre de champagne. Vient ensuite un plat qui m'a totalement comblée côté saveurs : une soupe safranée de homard, soja et chorizo,  moules et lapinot, petits pois, poivrons et feuille de riz, façon paella, un véritable délice, le mélange produits de la mer et chorizo étant incroyable, j'en salive encore… et un verre de Bourgogne Pinot Noir, Hautes-Côtes de Nuit 2008, puissant et fruité, merveilleux ! Nous terminons sur un vacherin de fraises (mara des bois) et rhubarbe cuite au beurre glacée, avec une délicate meringue, moi qui ne suis pas friande de ce genre de dessert, j'ai adoré sa finesse et sa légèreté. Le Tumult fruité nous est proposé avec le sucré, je lui préfère le verre de champagne : personnellement, je suis davantage champagne et vin pour accompagner un repas, et n'aimant pas les sodas d'une manière générale, je n'ai pas un avis particulièrement objectif concernant la boisson pétillante Tumult… ni le fruité ni le malté ne m'ont véritablement séduite, même si ma préférence va à ce dernier. Je vous invite donc à parcourir les billets de mes compagnes de table, Sophie, le Boudoir Gourmand, Griottes et Parigote.





J'ai néanmoins été déçue - en dehors de son goût, vous l'aurez compris, je suis une mauvaise cible pour tester des sodas - par le packaging de Tumult, similaire davantage à la bière qu'au champagne, qu'il semble vouloir imiter, alors que son nom m'a tout de suite paru prometteur, évoquant à la fois le trouble, la passion, l'évanescence, la légèreté en somme…





Cette soirée a été emplie de plaisir, l'humeur était joyeuse et détendue, et le cadre majestueux : un moment privilégié inoubliable. Un grand merci à Betty de l'agence Lisa Kajita, à Jean-François Piège, sa générosité et son savoir-vivre, et son équipe, discrète et efficace.