jeudi 22 septembre 2016

Petits poivrons marinés pour la fin de l'été

Il  est dur de reprendre la plume après tant de mois… L'écriture me pèse, j'ai mis de côté mes appareils photos pour l'été - et je le regrette : le rendu des smartphones est limité, frustrant et lassant. Avant de reprendre mon chantier sur mes bonnes adresses à Copenhague, je me remets doucement en jambes avec une petite recette archi simple et rapide à réaliser, pour un apéritif gourmand tant que les rayons de soleil sont encore au rendez-vous.












Pour les poivrons marinés 
3 poivrons (rouge, orange et blanc, c’est plus joli)/ 4 c.s. d’huile d'olive / 2 gousses d’ail / 2 petits piments d'oiseau / 1 petit bouquet de basilic frais / fleur de sel 
Déposer les poivrons à four chaud sur une plaque recouverte de papier cuisson et les faire cuire une bonne trentaine de minutes. Les laisser ensuite refroidir enfermés dans un sachet en papier. Préparer la marinade avec les gousses d’ail épluchées et coupées en quatre, l’huile d'olive, les piments épépinés, et les feuilles de basilic ciselées. Retirer la peau et les pépins des poivrons tiédis, les découper en lanières et les déposer dans un récipient creux, puis les recouvrir avec la marinade, saler. Couvrir avec un film alimentaire et laisser reposer pendant au moins deux heures à température ambiante. Mélanger de temps à autre. 








jeudi 7 avril 2016

Éclat de lumière chez Amass

Cela fait bientôt deux ans que mes pas m'ont portée au Danemark, à l'occasion des trente ans de mon amie B. qui a réuni son petit monde dans un pays qui lui est cher, afin de partager quelques jours magiques emplis de rires et d'insouciance, autour de plats exceptionnels et de belles quilles. Après avoir raté mon vol et vécu de fait un trajet épique, je me retrouve propulsée sous le soleil couchant sur les docks de Copenhague, dans le jardin-potager du restaurant Amass qui a élu domicile au milieu des usines de chantier naval, un verre de pétillant naturel rosé à la jolie couleur pourpre rubis du Domaine de l'Octavin (Arbois, cuvée Papagena) à la main, pour trinquer à la santé de l'heureuse élue du week-end. Nous sommes installés à l'étage, privatisé rien que pour nous, surplombant l'immense salle de restaurant au superbe design scandinave, baignée de lumière et animée d'une douce sérénité. 








_ Amass verb
[with object] gather together or accumulate
(a large amount or number of material or things)
over a period of time _

Mes souvenirs bien entendu sont lointains et confus, il me reste sur un carnet des annotations des plats dégustés, l'odeur de cette galette de pain à base de pommes de terre fermentées et de yaourt grillée au charbon de bois et encore tiède, enveloppée dans sa serviette de lin, la couleur orangée éclatante de cet incroyable "bœuf-carottes" revisité, nos éclats de rire et notre bonne humeur spontanée à l'image de la cuisine du chef Matt Orlando que nous avons découverte ce soir-là… Ce qui perdure est un sentiment de bien-être extrême, la conscience d'un moment paisible et savoureux où je me suis retrouvée entourée de fascinants et délurés inconnus pour profiter de l'instant présent comme d'un cadeau précieux. Je vous livre ici quelques photos et le menu (en anglais) qui nous a été servi ce vendredi soir d'un joli mois de mai.

Lumpfish Roe, Sour Pancake, Broken Crème Fraîche / White Asparagus, Walnut, Rose Hip, Yogurt / Roasted Chicken Skin, Salted Plum, Radish, Lady's Smock / Potatoes, Green Garlic, Almond, Pickled Lemon / Dry-Aged Beef, Carrot, Buttermilk, Beach Peas / Pork Cheek, Beach Greens, Grass, Virgin Butter / Rhubarb Sherbert, Rosemary, Burnt Chocolate



Ce séjour danois m'a permis de faire de belles rencontres, qui me semblent aujourd'hui datées tant il y a eu de beaux diners partagés depuis ! Tantôt chez l'un en Suisse, tantôt chez l'autre en Belgique, ailleurs, aussi, ici ou . Je n'aurais pas imaginé un jour traverser toute la France voire davantage pour partager quelques heures d'un repas. Il s'avère que c'est une expérience exaltante et que cela nourrit son homme dans tous les sens du terme : en dehors des dîners à n'en plus finir, prolongeant le plaisir jusqu'à plus soif, c'est l'occasion de découvrir une région, un pays, l'univers d'un chef, ses produits, l'environnement dans lequel il évolue… toute une philosophie de vie, en somme. Ce dîner a marqué le début d'une longue série, où chaque fois l'hédonisme est maître mot. À suivre, deux autres belles adresses du même cru, un petit Pony et un grand Kadeau.


Amass Restaurant, Refshalevej 153, 1432 Copenhagen, Denmark (quartier portuaire de Refshaleøen)



lundi 14 mars 2016

(Les) orange(s) de Noël

En cette saison, à moins d'être en altitude au milieu de forêts de conifères, les arbres perdent leurs couleurs et leurs feuilles, laissant apparaître un temps souvent terne et maussade. La campagne en hiver a ce quelque chose de désolant qui la rend austère et nous pousse dans nos retranchements, au point de ne trouver de réconfort qu'auprès de la chaleur d'un feu de cheminée ou de bons petits plats. Les lumières hivernales ont pourtant cette magie que j'aime tant, et les nuits sont longues et douillettes.





L'orange de Noël, autrefois fruit de luxe de par sa rareté, était traditionnellement déposée la veille de Noël dans un soulier comme unique cadeau aux enfants. Largement répandue aujourd'hui, il serait dommage de s'en priver. Voici une version légèrement modifiée du fondant renversant à l'orange publié il y a quelques années. Gorgé de jus d'orange, son moelleux devient suave et se mariera parfaitement, pour davantage de gourmandise, avec un fondant au chocolat dont la recette se trouve ici pour les plus patients,  pour les plus empressés.



Pour 
le moelleux à l'orange
175g de farine / 175g de sucre / 175g de beurre / 3œufs / 125g de sucre glace / 4 oranges / 1 demi sachet de levure 
Travailler le beurre ramolli et le sucre en poudre au fouet électrique. Casser les œufs un à un, mélanger et ajouter la farine et la levure, puis le zeste de deux oranges et un jus. Beurrer et fariner un moule, mettre au four moyen (T4) pendant quarante minutes. Faire fondre le sucre glace dans trois jus d'oranges à feux doux, en imbiber le gâteau.







Encore quelques jours pour profiter de l'hiver… Verrais-je la neige d'ici là ?



"Si notre vie manque de soufre, c'est-à-dire d'une constante magie, 
c'est qu'il nous plaît de regarder nos actes et de nous perdre en considérations sur leurs formes rêvées, 
au lieu d'être poussés par eux"
Antonin Artaud (Le Théâtre et la culture)1935 __


vendredi 4 mars 2016

Légumes anciens pour un hiver oublié

L'hiver est ma saison préférée et restera une fois de plus inachevé, et ce depuis déjà deux années. Difficile d'aborder le printemps sereinement… Certains ont besoin de chaleur et des rayons du soleil pour récupérer un peu d'énergie, pour ma part j'ai besoin d'air vif et glacial, du froid sec d'altitude, du silence et du vide face à de grandes étendues enneigées, de la douceur des flocons…




Alors je me console en profitant à l'occasion des feux de cheminée, tout en concoctant de bons petits plats d'hiver. C'est notamment la saison des légumes anciens, qui ont fait leur apparition avant Noël sur les étals des marchés et épiceries, riches en variétés. Ocas du Pérou (ou oxalis tubéreux), capucines tubéreuses et topinambours sont délicieux rôtis au four, un accompagnement au petit goût doux et sucré de châtaigne pour les uns ou d'artichaut pour les autres, on ne peut plus simple à réaliser, et qui fera toujours son petit effet.


Pour les légumes anciens rôtis
Ocas du Pérou / capucines tubéreuses / topinambours / thym / 1 demi citron / miel / huile d'olive / fleur de sel / poivre de sishuan 
Brosser les légumes, les rincer (s'ils sont bio ou du potager, inutile de les éplucher). Les couper en tranches fines, les étaler sur une plaque de cuisson, arroser d'un filet d'huile d'olive et du jus de citron, d'une cuillerée de miel, et parsemer de thym, sel et poivre. Faire rôtir au four pré-chauffé (180°C) pendant une bonne vingtaine de minutes.













"(…)
Afraid to breathe, afraid to rise
We run and run in this transitory life
Tipped off balance we fall like light
We land on water in this transitory life
We fall like light on water and water turns to ice
Everything keeps changing in this transitory life
(…)"
Laurie AndersonTransitory Life (Homeland)2010 __


mardi 23 février 2016

Winter Tiramisu aux épices

Je peine à écrire, à trouver les moments opportuns et l'envie de venir ici… Un sentiment qui n'est pas nouveau, accru par la morosité qui s'est sournoisement installée ces derniers mois. Mais cet espace existe avant tout pour les autres, et il n'y a rien de plus touchant que de recevoir ce genre de commentaire d'un(e) lecteur(trice) inconnu(e) suite à mon avant-dernier billet : "je comprends, mais grâce à toi, on s'émerveille à nouveau, on sourit, on retrouve l'envie". Alors je persévère. D'autant que de mon côté, je me nourris quotidiennement des mots des autres - je prends parfois un plaisir outrancier à les découvrir lors de ces rendez-vous ponctuels éparpillés sur la toile. 




Rien de tel qu'un dessert doux et gourmand pour réconforter les âmes esseulées en ces longues soirées d'hiver. Ce merveilleux tiramisu dégouline à souhait de saveur et de tendresse, mariant délicieusement la poire et le marron. Sur une lumineuse idée de ma sœur qui a trouvé la recette ici.


Pour le Tiramisu épicé
2 poires / 2 œufs / 40g de sucre blanc / 250g de crème de marron / 250g de mascarpone / 25g de beurre / 1 pain d'épices / un bol de café / cacao en poudre
Couper quatre tranches de poires et le reste en petits cubes. Les faire dorer séparément dans le beurre et la moitié du sucre. Réserver au frais. Séparer les blancs des jaunes des œufs, fouetter les jaunes avec le reste de sucre jusqu’à ce qu’ils soient très gonflés. Ajouter le mascarpone et la crème de marron, sans cesser de fouetter. Ajouter les cubes de poire, à la spatule. Battre les blancs en neige et les incorporer à la préparation aux poires. Couper le pain d’épice en tranches d'un demi centimètre d'épaisseur et les passer dans du café chaud, rapidement, sur les deux faces. Les étaler dans une ou deux assiettes. Garnir les poires de crème, en alternant avec des tranches de pain d’épice. Réservez huit heures au frais. Sortir le tiramisu du réfrigérateur et y déposer les lamelles de poires, saupoudrer de cacao et servir aussitôt.



vendredi 8 janvier 2016

L'été indien et le gâteau suisse de pommes de terre et lard au gruyère

Mon dernier séjour en Suisse, qui avait somptueusement bien démarré, s'est avéré magique à tout point de vue, notamment du fait de la beauté des paysages. Le fond de la vallée de la Simme (à Lenk im Simmental, en plein Oberland bernois) a été recouvert un après-midi d'un dense tapis nuageux, et nous avons rejoint le sommet, Metschstand, dégagé entre quelques nappes de brume filant à la vitesse de l'éclair, offrant un panorama vaporeux comme je les aime, et laissant filtrer les lueurs du soleil - et apparaitre un spectre de Brocken (nos ombres, par la puissance du soleil, étaient considérablement agrandies sur le nuage de brouillard en contre-bas, et entourées d'un cercle lumineux coloré comme un arc-en-ciel, alors appelé une "gloire" ou "anthélie"). Ambiance surnaturelle…



Ce que j'aime à la montagne, ce sont les spécialités locales, et tout particulièrement le fromage. Ayant ramené du gruyère - de la ville de Gruyères -, je n'ai pu résister à l'envie de cuisiner ce gratin de pommes de terre, exquis gâteau salé pour les soirées d'hiver à venir.


Pour le Gâteau de pommes de terre et lard au thym et au gruyère
80g de Gruyère suisse / 1kg de pommes de terre / 240g de lard fumé en tranches / 1 botte de thym / 100g de beurre / poivre
Éplucher, laver et couper les pommes de terre en rondelles de 3mm d'épaisseur environ. Râper le Gruyère suisse et faire fondre 60g de beurre. 
Beurrer un plat rond de préférence en pyrex avec le beurre restant, et tapisser le fond avec des tranches de lard en les superposant légèrement. 
Recouvrir le lard d'une couche de pommes de terre, saupoudrer d'un peu de Gruyère, de poivre, de thym et de beurre fondu. 
Ajouter une couche de lard, puis de pommes de terre et répéter l'opération jusqu'à épuisement des ingrédients en terminant par une couche de lard. Poivrer et saupoudrer de thym. Couvrir le plat d'aluminium. 
Faire cuire à four chaud (210°C) pendant une heure et demie. À la fin de la cuisson, éteindre le four et laisser reposer le gâteau pendant 10 minutes à l'intérieur. Décoller les bords avec un couteau à lame fine, puis démouler dans un plat plus large. 
Servir aussitôt avec un peu de salade verte et décorer les parts avec du thym frais. Régalade assurée. 





L'Automne en Suisse était mi-octobre à son apogée, tout doré, un véritable été indien aux couleurs éclatantes presque saturées, des nuances de jaunes, roux et rouges incroyables, et une herbe verte à faire pâlir les paysages français. Ces magnifiques alpages sont un petit paradis pour les vaches du Simmental, réputées pour leur production laitière et fromagère de qualité. On compte autant de vaches que d'habitants dans la région ! Pour la deuxième fois, j'ai survolé la Suisse en parapente, cette fois-ci le Canton de Berne, à Eggli (Gstaad, joli village alpin aux chalets typiques en bois où rien ne dépasse), un bonheur de découvrir les forêts de pins de Wispile aux touches automnales colorées vues du ciel… 






Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés à Gruyères, charmant village niché au cœur de la Suisse romande, perché en haut d'une colline, pour déguster une délicieuse fondue au Chalet de Gruyères, ambiance montagnarde garantie, accompagnée d'un vin blanc Chamoson Johannisberg (Bertrand Gaillard, Valais), et terminer en beauté par des meringues et de la Double Crème de la Gruyère. L'occasion également de faire quelques emplettes à La Chaudière, notamment avec les Bricelets au Gruyère, gaufres fines et croustillantes salées (le bricelet est une spécialité de Suisse occidentale, compagnon gourmand des apéros). Un dernier verre à Bulle avant de rejoindre Genève, en compagnie de la douce Nilufer (Yeux friands et Bouche bée), une bien jolie rencontre hors blogs. 


Le Chalet de Gruyères, rue du Bourg 40, 1663 Gruyères, Switzerland
La Chaudière, Jacques et Nicolas Ecoffey (Maîtres Fromagers), 1663 Gruyères, Switzerland