dimanche 23 mars 2014

Les îles volcaniques Ibériques et la brume de janvier


Un jour de janvier, en partance pour la Norvège (destination avortée), je suis montée sur un coup de tête à bord du vol 737-800 à destination des Canariae Insulae (îles aux chiens), situées à plus de 1 000 km au sud de la péninsule Ibérique et à 150 km du Maroc. Étrange destination…





Cet archipel atlantique comprend sept îles principales et une dizaine d'iles dites "secondaires". Il ne faut pas y aller pour la gastronomie, sans intérêt (aucune spécialité locale hormis les bananes et les amandes de Tejeda). Les valeurs sûres sont les tapas de la mer tels que les chipirones ou les gambas al ajillo (petites crevettes frites avec de l’ail). Le reste est plutôt décevant, tout comme le vin. L'on trouve cependant quelques bons spots pour l'apéro, en bord de mer avec vue sur le soleil couchant. Les logements sont également singuliers : les îles recensent un nombre impressionnant de grands complexes hôteliers comme je n'en avais jamais vu auparavant, à l'architecture, par son extravagance, presque fascinante. Il est donc très difficile de trouver des chambres d'hôtes ou petits hôtels familiaux. Le climat quant à lui est doux et printanier toute l'année, vous aurez un temps estival breton, en somme, température de l'eau incluse.





Mais, et c'est à mon sens le plus important, les paysages sont à couper le souffle, diversifiés, montagneux, arides et escarpés. Il faut aimer crapahuter, la location d'une voiture est indispensable. Disons que les trois quarts de l'île sont inhabités et surtout peu fréquentés - car difficilement accessibles : il faut emprunter des routes sinueuses au travers de montagnes abruptes et l'on peut parfois rouler des heures avant de rejoindre un éventuel village, sans croiser une seule voiture. Quelques criques désertes sont abordables après deux bonnes heures de route de montagne puis sur des chemins de terre, histoire de piquer une tête. Gran Canaria regorge de lacs, gorges, cascades, grottes, ravins, canyons, cultures en terrasses. C'est un pays de roche volcanique (faite de lave et de basalte), de succulentes et de brume.




J'ai arpenté ce gros caillou de long en large et en travers, passant de montagne en montagne pour découvrir des panoramas spectaculaires. L'apogée du séjour s'est trouvée au centre de l'île en son point le plus haut : El Roque Nublo, majestueux roc apparaissant à travers une brume dense balayée furtivement par le vent. Ce monolithe de basalte haut de 80 mètres et culminant à 1 813 mètres d'altitude mérite le détour, perché dans un no man's land escarpé et lunaire, après une bonne heure de marche entre forêts de pins et falaises vertigineuses.



Le séjour a été rythmé, en dehors de la richesse des paysages, par des gammes de couleur marquantes selon les régions, entre teintes carbonisées et touches éclatantes de vert. Les dunes de sable blanc et à la végétation couleur gris cendré, gris souris, gris blanchi. Les montagnes et leurs camaïeux de verts, parsemées de lichen et de cactus. Les forêts sous la brume dense aux arbres et aux vignes noir charbon, la terre volcanique. Les criques de sable noir. Les gorges aux teintes pourpres et camaïeux de violets.





Pour résumer, Gran Canaria, que je surnommerai volontiers "l'île du brouillard", est un gros rocher volcanique sauvage et désert balayé par les vents alizés et exposé à des courants marins froids, mais dès que l'on s'approche du littoral, urbanisé, on se retrouve envahi par le monde touristique dans toute sa splendeur. Une destination atypique pour un moment d'évasion à moindre coût. Je vous conseille Lanzarote, l'île la plus sauvage, ou Tenerife, la plus sportive pour les adeptes du (kite) surf.




mercredi 26 février 2014

La forêt et la non-génoise aux fruits rouges pour rappeler l'été

En attendant que l'hiver pointe réellement le bout de son nez, on ouvre son congélateur et on en sort les groseilles mises en réserve à la fin de l'été pour concocter un gâteau qui, l'air de rien, nous rend si addictif qu'on y revient maintes fois reprendre juste un petit morceau, comme ça en passant. Une recette réalisée par ma maman, qui s'est inspirée de la génoise sans vraiment suivre la recette classique, et qui, à défaut de beurre doux, en a utilisé du salé - pour notre plus grand bonheur, probablement responsable de l'envie de reprendre encore et encore une petite part.



Je me fais rare ces temps-ci. Mais tout de même. Suite à cette décision prise il y a quelques mois, je m'aperçois que photographier, écrire et partager font partie de moi, et qu'il n'est pas si simple de tout abandonner. D'autres projets ont mûri dans ma tête, j'y travaille, mais cela va prendre un peu de temps avant qu'ils n'aboutissent, et, de fait, je reviens un peu ici partager avec vous quelques moments glanés de-ci de-la. En attendant autre chose…


Pour le
gâteau "non-génoise" aux groseilles
300 g de groseilles congelées (ou attendre celles de cet été) / 3 oeufs / même poids de sucre, de farine, de beurre (salé) / 1 paquet de sucre vanillé / 1 paquet de levure / 1 cc bicarbonate alimentaire
Peser les œufs. Prendre le même poids de sucre, de farine et de beurre. Faire fondre le beurre, préchauffer le four à 150°C. Dans un saladier, mélanger le sucre, le sucre vanillé et le beurre fondu. Ajouter les œufs cassés un à un. Fouetter. Ajouter la farine et la levure. Mélanger. Mettre les groseilles dans un moule à manqué beurré. Verser la pâte et cuire 35 minutes environ à four chaud (150°C/175). Ou mélanger les groseilles à la pâte avant de verser dans le moule, pourquoi pas.



C'est difficile de tenir une constance sur un blog, pas dans le rythme, mais dans la forme. Notre regard sur le monde change avec le temps : les envies et les goûts évoluent, peu à peu on se recentre sur des axes qui nous paraissent plus essentiels (on s'affirme, en quelque sorte), et de façon plus définie. Cela pourrait s'apparenter à de la maturité, tout simplement. Jusqu'à un certain point. Où l'on butte. Et, alors, on a l'impression d'être arrivé au bout… de rentrer dans une routine… et la routine et moi, ça fait deux. Je n'ai pas choisi la façon dont j'exerce mon "vrai travail" (mon gagne-pain) par hasard, je suis ce qu'on appelle dans le jargon des métiers artistiques "indépendante". Par choix. Parce que je suis curieuse, que je ne tiens pas en place, que j'aime le mouvement, le changement. J'aime le confort, mais il faut qu'il soit riche et justifié. Et puis il y a toujours cette question : "à quoi bon, quel est le propos de ce blog ?". Après tout, le "culinaire" est avant tout un plaisir futile, un sujet vaste dans lequel j'estime ne pas transmettre toute la sensibilité qui m'habite. J'aimerais raconter des histoires autrement… et pourtant ce sujet reflète tout ce que j'aime dans la vie, qui pourrait se réduire à un seul mot : épicurien. Alors, encore un moment, sûrement, je réapparaitrai ici de temps à autre.

mardi 7 janvier 2014

Les lueurs du Salève, et les florentins

Le Salève (montagne des Préalpes située en Haute-Savoie), appelé également « balcon de Genève », offre des paysages à couper le souffle : un versant sur la plaine genevoise jusqu'aux Monts Jura, l'autre sur les Alpes et le Mont-Blanc… Je me suis régalée d'un crépuscule d'une luminosité diffuse unique, le coucher de soleil enflammant le ciel azuré de teintes roses orangées, les vastes étendues de montagnes baignant ainsi dans une ambiance lunaire. Un doux rêve éveillé.



Je suis revenue de Suisse avec tout plein de tablettes de chocolat - consommées en un temps record, et ma préférence est allée sans hésiter aux Florentins version tablette, un vrai délice. J'ai tenté, en vain, d'en garder une de côté pour la partager avec mes proches… la culpabilité n'étant pas mon fort, j'ai donc décidé de les faire moi-même - ainsi que les écorces d'orange confites, bien meilleures faites maison - pour compenser cet acte manqué.






Je me suis inspirée pour les écorces d'orange confites de la recette de Sandra, auteur du blog Le Pétrin. Elles sont à réaliser la veille, songez-y avant de vous lancer dans votre préparation des florentins. Vous pouvez, si votre gourmandise n'a pas raison de vous, les conserver dans une boite en métal en prenant soin de séparer chaque florentin par une feuille de papier sulfurisé ou de cellophane.


Pour 20 petits florentins 
100 g d'écorces d'orange confites / 100 g d'amandes effilées / 150 g de sucre / 50 g de miel / 150 g de crème fraîche / 60 g de farine / 200 g de chocolat fondant
Couper les écorces d'orange confites en tout petits morceaux, les mélanger aux amandes dans un bol, réserver. Verser dans une casserole le sucre, le miel et la crème fraîche. Cuire 5 minutes en mélangeant avec une spatule en bois. Ajouter à ce mélange les fruits et la farine. Mélanger. 
Faire chauffer le four à température moyenne (180°C). Sur une plaque recouverte de papier sulfurisé, faire des petits tas réguliers aplatis avec la pâte en les espaçant un peu. Faire cuire au four 10 à 12 minutes. Laisser refroidir puis décoller avec une spatule. Les retourner. Râper le chocolat, le faire fondre au bain-marie tout en remuant. L'étaler à la spatule sur la surface plane des florentins et les laisser durcir sur une grille. 


Je vous laisse avec une vue de Genève dessus / dessous l'épaisse nappe de brume qui recouvre régulièrement la ville et le lac Léman, s'apparentant de haut à une mer limpide et laiteuse venant caresser les montagnes qui en émergent.


mardi 31 décembre 2013

Clair(s)-obscur(s) de Décembre. Et les financiers.

J'aime l'hiver pour sa lumière froide et limpide, nette. Mais aussi parce que ce sont les jours les plus courts. J'aime quand la nuit tombe vite, que l'on se réfugie au chaud au coin d'un feu ou à la lumière des bougies. On s'approprie le temps différemment du reste de l'année, ces quelques heures où l'on traînerait dehors aux beaux jours à l'apéritif pour profiter des derniers rayons. Ces temps-ci l'humeur est davantage tournée pour ma part vers le nid douillet, à feuilleter un journal, se plonger dans un livre, écouter de la musique… et, pourquoi pas, au tea-time, un thé épicé bien brûlant accompagné de douceurs sucrées.



J'avais déjà fait des financiers au thé macha, joliment colorés de vert, mais je préfère finalement la recette classique. Nous les avons une nouvelle fois accompagnés d'une crème anglaise (la recette se trouve après celle des financiers au thé vert).

Pour 20 financiers 
50 g de poudre d'amande / 50 g de farine / 150 g de sucre / 75 g de beurre / 4 blancs d'œufs / vanille en poudre / sel
Faites chauffer le four à température moyenne (200°C). Beurrez copieusement 20 petits moules à financiers. Mélangez dans un saladier la poudre d'amandes, le sucre, la farine, la vanille, et le sel. Ajoutez les blancs d'œuf non battus, mélangez, puis ajoutez le beurre fondu. Versez dans les moules et mettre au four 15 à 20 minutes. Démoulez dès la sortie.





Mon père a, cette année encore, fait un tas de pains différents, dont celui au petit épeautre dont vous trouverez la recette ici. Et ma mère, le foie gras, qui a été un succès.



lundi 2 décembre 2013

Lumières automnales

Les saisons ont tendance à se chevaucher de plus en plus. Ce mois de novembre était terriblement hivernal, et pourtant, les lumières ne trompent pas : nous sommes bien en automne, la nature se revêt encore de beaux reflets chatoyants aux teintes orangées, et les ciels, chargés et changeants, laissent filtrer une douce lumière.


Pour ceux qui saliveraient devant les pâtes de coing - dont je ne dévoilerai pas la recette, tout simplement parce qu'elle n'est pas de moi et que je ne la connais pas, vous trouverez une recette de tajine de coings ici.



jeudi 17 octobre 2013

Caluc, le refuge de Saint-Denis

Xavier et Seb, ex-gérants des très regrettées Banquettes, viennent d'ouvrir Caluc, un lieu de restauration rapide et à emporter. Situé en plein cœur de Strasbourg Saint-Denis dont la faune éclectique se précipite sur les nouvelles adresses du quartier, et à deux pas du New Morning et des Studios Bleus, vous aurez peut-être la chance d'y croiser un danseur de la troupe de Bianca Li, un célèbre jazzman ou un musicien de reggae. So hype, Caluc, et pourtant si traditionnel dans l'âme : la spécialité de la maison est une galette issue d'une recette traditionnelle aveyronnaise, sœurette du "pascadou", agrémentée de viandes, légumes, épices et sauces maison. Cette galette est servie chaude, roulée façon "wrap", et sa pâte est faite à base d'herbes. La "Caluc" donc. Il existe quatre sortes de galettes : la végétarienne, celle au canard, la charcutière, et celle au poulet. J'ai goûté la Canard, ma préférée (magret de canard rôti / compotée d'oignons au cassis / haricots coco / cantal / roquette), la Végétarienne, excellente (mozzarella fumée / caviar d'aubergine / poivron mariné / figue séchée), et la Charcutière, tout aussi originale (jambon sec de pays / pesto / cœur d'artichaut / tomate séchée, roquette).




Caluc propose également une autre spécialité aveyronnaise, le "farsou", à base de blettes et de chair à saucisse, sorte de pain de viande en forme de muffin. Divin. J'en rêve souvent. Oui oui. Vous trouverez également à la carte la "broussette" (omelette fromage de brousse et pesto), la salade de petit épeautre, des soupes maison du jour (comme le gaspacho chou fleur et curry, ou le velouté de potimarron), et de nombreux desserts (le terrible fondant au chocolat, au fenouil ou à l'écorce d'orange, le "Irish baba" au whisky et crème de café…). Côté boissons, les infusions sont originales (j'ai testé celle ananas, gingembre, romarin, bruyère et reine des prés), de même que la limonade aveyronnaise et la bière traditionnelle aveyronnaise.





Une jolie déco sobre et bleutée vous plonge immédiatement dans une ambiance chaleureuse et rassurante, à l'écart du brouhaha de ce quartier animé, le temps de faire une pause terroir gourmande. Des prix doux, un accueil charmant, un goût d'ailleurs… Caluc est une adresse à retenir et à découvrir, si ce n'est pas déjà fait.


Caluc, 11 rue des petites écuries, Paris Xe
(du lundi au vendredi, de 8h à 20h)