mercredi 21 mars 2012

Virée à Amsterdam {3}

Amsterdam est une ville surprenante de par son architecture, et la façon dont certains bâtiments telles d'anciennes usines ou manufactures sont réhabilités est remarquable. Il en est ainsi d'une grande épicerie bio Eetwinkel Marqt, avec des produits frais et locaux, un véritable bonheur après ma première expérience. Un supermarché dépeuplé, spacieux et agréable, où l'on trouve entre autres une grande variété de pains d'épices, de fruits et légumes, et les spécialités culinaires locales.



Au premier étage se trouve le George Deli U.S.A., restaurant au style New-yorkais qui propose des petits-déjeuners de type brunch tout au long de la journée. J'y ai goûté de délicieux œufs Benedict (dont je raffole), deux beaux œufs pochés coulants à souhait sur du pain toasté brioché, du bacon, et nappés de la fameuse sauce hollandaise si difficile à doser, accompagnés d'un jus de fruits pressé et d'un café. À la carte également des club sandwich, des salades, des pâtes, pancakes et autres spécialités anglaises ou américaines, et même des céréales au yaourt façon berlinoise. (Notons qu'ils proposent également des fruits de mer "à la française" et du champagne Veuve Cliquot). La déco du George Deli m'a tout de suite plu, avec ce gigantesque comptoir en marbre et les tables tout du long alignées. Le design de la marque est sobre et efficace et s'accommode parfaitement avec les grandes verrières et les lampes industrielles noires. L'atmosphère y est calme et se prête à la détente, idéal pour lire son journal le matin. Il existe d'autres Georges à Amsterdam, dont un restaurant au sens propre du terme, le Café George, avec essentiellement de la cuisine française. Un croisement entre Paris et New-York à Amsterdam, original.

George Deli U.S.A., Utrechtse Str. 17, Amsterdam


Amsterdam regorge de petites boutiques plus jolies les unes que les autres, de nombreux antiquaires spécialisés en vieilles lampes (et des rééditions chez 360 volt), et je suis tombée par hasard sur The Otherist, un véritable cabinet de curiosité comme je les aime, situé en bordure de canal.  Au mur, de nombreux insectes mécaniques de l'artiste américain Mike Libby. Cette multitude de papillons, libellules et autres bourdons est fascinante, et leur mécanisme incroyablement minutieux. J'y ai même trouvé des céramiques de la suédoise Karin Eriksson que j'adore, dont j'avais découvert les créations chez Neëst. Je n'ai pas pu m'empêcher de me procurer de nouveau quelques pots de fleurs en grès d'argile couleur charbon, et des petits bougeoirs en porcelaine translucide. Les peintures surréalistes de Mark Ryden et les créations sous verre de Lyndie Dourthe y ont aussi une belle place. Mais ce que j'ai préféré, ce sont les crânes en porcelaine brute à l'aspect de transparence vitrée de Beetle & Flor, aux mâchoires dorées… Rat musqué, coyote, chat, cerf, oiseaux… the wildlife. ah si j'étais riche ! On peut voir un aperçu des objets sur le blog de la boutique, mais le site ne semble plus fonctionner.

The Otherist, Leliegracht 6 winkel, Amsterdam

Autre intérêt en terme de shopping, la librairie Athaeneum Boekhandel qui se trouve sur une très jolie place, et vend un bon nombre de journaux, revues et livres introuvables en France, a interpelé la graphiste que je suis. Le blog parle de lui-même. J'y ai trouvé un superbe livre d'inspirations, Etcetera de la styliste Sibella Court, une merveille.

Athaeneum Boekhandel, Spui 14-16, Amsterdam 

Après une balade si enrichissante, rien de tel qu'un verre de vin dans le Café De Jaren, lieu spacieux aux murs extérieurs de brique et au design moderne surplombant le fleuve Amstel avec sa terrasse sur pilotis, café de la catégorie des "cafés blancs" de par sa luminosité et sa hauteur de plafond.

Café de Jaren, 20, Nieuwe Doelenstraat, Amsterdam 


vendredi 16 mars 2012

Virée à Amsterdam {2}

Se nourrir à Amsterdam… Pas évident, et pourtant j'avais repéré un bon nombre de restaurants, pour la plupart éloignés du centre. Et sur trois jours, ce n'était pas envisageable de courir de part et d'autre de la ville, ce n'était pas l'idée. C'est donc au gré de mes flâneries que je suis tombée sur certaines adresses, et je ne citerai dans un premier temps que l'aspect "junk food" de mes découvertes, je garde le meilleur pour la fin. Tout d'abord, un lieu sympathique, le café Staalmeesters, qui propose une vraie carte, je veux dire par là de vrais plats, aussi curieux soient-ils.



En entrées, un trio de bruschettas, et une crêpe fourrée à une crème de lentilles, de champignons et jambon, roquette, frites de potimarron et sauce aigre-douce. Mélange étonnant, pas dingue, mais pourquoi pas. Les frites sont excellentes, la purée moins passionnante. Les produits sont frais, c'est toujours ça. Suivent un bœuf Angus sauce ail et beurre, classique et bon, et des cannelloni épinards ricotta et petits légumes, rien à dire, cuisson parfaite, les saveurs sont là. Le vin en revanche laisse à désirer, le choix est faible. Celui choisi (cépage Montepulciano) laisse à désirer, mais ne gâche pas ce "vrai" repas.








Les hollandais sont friands de pancakes, moi aussi. Mais ceux que je connais sont américains ou canadiens, ici un pancake ressemble plus à une énorme omelette plate, entre la galette de pommes de terres et la crêpe bretonne (bien qu'il n'y aie aucune comparaison possible si ce n'est la forme et la taille), fourrée de multiples ingrédients. Un peu bourratif, et pourtant il est difficile de résister à la tentation du sirop d'érable maison. The Pancake Bakery est visiblement la une des adresses les plus réputées en la matière.



Ensuite, on trouve un paquet de bistrots qui proposent de formidables sandwiches, des burgers alléchants, ou encore des tapas mexicaines. De quoi forcément combler son estomac, de là à en manger tous les jours, je passe mon tour !

lundi 12 mars 2012

Virée à Amsterdam {1}

Je vais vous faire part de mon court séjour à Amsterdam, ville que je n'avais pas visité depuis… mes 6 ans ! Quelques souvenirs néanmoins sont restés, comme les petits-déjeuners de l'hôtel donnant sur les canaux et leurs péniches, avec entre autres du gouda (déjà, mon addiction pour le salé dès le matin), une église dont j'étais ressortie avec un "parchemin" signé par une sorcière (?!) ; je n'ai pas remis la main dessus, mais je sais qu'il est soigneusement rangé dans une boite quelque part…, un village miniature de Madurodam dans les environs d'Amsterdam. J'ai donc (forcément) retrouvé la ville avec un regard neuf, bien que celle-ci soit recouverte d'un tapis de neige, et les canaux gelés, envahis par une foule enjouée chaussée de vieux patins à glaces et munie de luges en bois dégotées, semblerait-il, des greniers de famille.



Il faut être honnête, à Amsterdam, il est difficile de bien se nourrir pour nous français qui accordons tant d'importance aux repas. Et pourtant la ville est remplie de restaurants, salons de thé, pub et bistrots en tout genre, pour la plupart joliment décorés, et fort chaleureux. Mais avant de vous donner la version junk food de mon expérience culinaire à Amsterdam, je vous laisse avec quelques photos du quartier de Jordaan, construit au XVIIe siècle, véritable beauté architecturale préservée au fil des siècles, aux immeubles colorés et biscornus, où l'on trouve aujourd'hui des épiceries, des friperies, des troquets et des galeries. Je l'ai sillonné de long en large sous un soleil éclatant, et suis tombée sur un marché de produits fermiers biologiques, Boerenmarkt, quasiment le seul endroit que j'ai trouvé avec de "vrais" produits pour cuisiner, en dehors d'un supermarché bio dont je vous reparlerai.






Au cœur du quartier de Rembrantdpleine se trouve le célèbre marché aux fleurs, impressionnant de par la variété des graines proposées, notamment les tulipes si réputées de Hollande. J'y ai trouvé des graines de maïs multicolores à germer, décoratifs et non alimentaires.


dimanche 19 février 2012

Lumières hivernales

Un beau week-end ensoleillé de janvier à la campagne, quelques amis, de bons plats copieux (une belle côte de bœuf et patates sautées, un tendre rôti de veau au cidre et aux pommes, ail en chemise, haricots verts, un crumble aux pommes…) et quelques vins pour accompagner le tout… que demander de plus ?



Un graves de bordeaux Château Rahoul de 2006, un Saint-Émilion Grand cru 2006 Château Tauzinat l'Hermitage offert ce soir-là, un bandol rouge 2008 du Château Sainte Anne acheté cet été au domaine dans le Var et un blanc de 2009 du même vignoble, un médoc cru bourgeois 2004 du Château Ramafort, un Montagne Saint-Émilion du Château La vallée, et quelques blancs pour accompagner la raclette, dont un sancerre du domaine des trois Noyers.





vendredi 10 février 2012

"Mon" Itinéraire(s)

Il est de ces restaurants qui plaisent plus à certaine qu'à d'autre(s). Itinéraires fait partie de ceux-là. Aux commandes, le jeune Sylvain Sendra (dont j'adorais le deuxième restaurant Le Temps au Temps dans le XIe à Paris) propose une cuisine "d'auteur, créative" qui m'a réellement séduite. Le cadre y est épuré, discret et moderne, l'ambiance sereine et détendue. La carte quant à elle varie tous les jours, selon les produits de la saison et du marché, un gage de fraîcheur qui se confirmera tout au long du déjeuner. Et puis le choix des producteurs en dit long : Desnoyer, Thiébault, Poujaran, Bordier, Trotté… de même que la carte des vins, avec une sélection restreinte en fonction des plats du jour.

Une mise en bouche curieuse, tout d'abord : une terrine de volaille et foie gras, parsemée de fleur de sel et accompagnée d'une sauce épaisse et sucrée au fort goût de beurre de cacahuète, intéressante mais dont le mariage ne m'a pas du tout convaincue. Je l'ai donc appréciée nature, et ai saucé la vinaigrette avec une baguette bien fraîche préalablement trempée dans une délicieuse huile d'olive parfumée à la belle couleur verte.

Arrivent ensuite les entrées : gratin de lamelles de courge rôtie à l'écume onctueuse de parmesan et muscade pour les uns… et déclinaison de topinambours pour ma part servie en salade, une entrée surprenante qui a émoustillé mes papilles : chips croquants de topinambours, glace fondante de topinambour (excellente), dés de topinambours crus, et jus d'agrumes à dominante de pamplemousse, vinaigrette à base d'huile de noisette, herbes folles du jardin et œuf mollet (en croûte de chapelure,  qui n'apporte, à mon avis, pas grand-chose au plat si ce n'est une belle couleur dans l'assiette). Une explosion de saveurs et de fraîcheur incomparable ! Le produit est travaillé brut, le résultat est créatif et original. Les assiettes sont belles, minimalistes.


Puis viennent les plats : paleron à peine saisi en pot au feu, servi avec des légumes croquants (choux, betterave, oignon, carotte, céleri rave et poireau) parsemés de sésame, et un bouillon de citronnelle, sauce de viande, sauge et thym apportant un côté acidulé et aigre-doux à l'ensemble. 

De mon côté, j'ai dégusté un risotto à l'encre de seiche, espuma, palourde et moules, condiment de citron et basilic pourpre, classique mais néanmoins parfaitement réussi.


Enfin, les desserts  : un Mont-Blanc meringué, un baba au rhum… et une salade d'agrumes agrémentée de pousses de réglisse, d'un mirliton amande et orange amère au beurre salé et d'une glace fruits de la passion, à l'image de mon entrée : rafraîchissante, parfumée, riche en arômes… le végétal, de nouveau, apporte une touche d'originalité légèrement épicée pour clore ce repas en beauté !


…enfin presque clos… quelques mignardises (financier et macarons) accompagnent le café et l'addition, tout-à-fait honnête pour ce menu du midi (trois plats, 35 euros).


Les avis ont donc été partagés, ce qui semblerait surtout être une histoire de choix de plats : cela traduit certes une certaine inconstance en cuisine, à voir si cela est récurrent ou a juste été un mauvais jour pour mes compagnons de repas ? Pour ma part, Itinéraires m'a transportée comme il se doit vers des terrains gustatifs méconnus fort appréciables.


Restaurant Itinéraires, 5 rue de Pontoise, Paris Ve

jeudi 2 février 2012

Escapade gourmande en Côte d'Émeraude {4}

Sur le port de Dinard, il y a un restaurant qui est pour moi un passage obligé à chaque visite dans la région : Le Petit Port, ouvert midi et soir, dont la terrasse avec vue sur la baie est très agréable aux beaux jours. On y trouve une cuisine classique cependant travaillée et revisitée selon les produits du jour, une bonne humeur ambiante, et une décoration design et chaleureuse, entre les suspensions-aquarium et les poêles à bois. Accueillis par le charmant Vincent, il est de bon ton de s'installer au bar autour d'un verre et de rillettes de sardines maison, le temps que la table soit dressée. Ici l'on prend son temps, l'on discute avec son voisin, l'on se laisse bercer par le joyeux brouhaha ambiant.



Une fois installés, il ne reste plus qu'à faire son choix de plats, car la carte est longue. Ce jour-là, ce sera en entrée une salade de langoustines, avocats et agrumes, fraîche et acidulée, des coquilles de Louise gratinées à l'ail et au persil, sans commentaire, un pur régal, un tartare de bar avec sa tuile de parmesan très joliment présenté (et fort bon car commandé deux soirs d'affilé !), et une rémoulade de crabe au radis noir délicieuse. 





Les plats qui suivirent ont été à la hauteur des précédents : un filet de bœuf façon rossini (une belle pièce de filet tendre et goûtue à souhait surmontée d'un beau morceau de foie gras mi-cuit) , un second filet de bœuf sauce de la mort (de belles trompettes de la mort et leur sauce crémeuse), et des Saint-Jacques bretonnes et leurs girolles qui sont aussi passées deux fois dans l'assiette pour ma part tellement elles m'ont enchanté.



Côté vins, un Morgon et un Pic Saint-Loup feront l'affaire pour certains, ou encore un Lalande-De-Pomerol et un Chateauneuf du Pape du Clos de l'Oratoire pour d'autres. Quant aux desserts, pour peu qu'il vous reste un peu de place, vous vous régalerez d'un fondant au chocolat bien coulant, d'un gâteau de pommes caramélisées au beurre salé ou d'une assiette de fromages de Maître Bordier (dont je vous ai parlé récemment, je me passerai donc de commentaires !)



Et pour patienter en attendant l'addition, on savoure un petit rhum coco maison fait par Vincent, dont je tairai le secret… c'est le petit must de la maison. Une bien belle adresse donc, à découvrir sans hésiter, si vous êtes de passage dans la région.


Le Petit Port, Quai Perle, 35800 Dinard, 02 99 46 16 41 (réservation conseillée)